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Voir les peintures
de Michel Berberian :

“Tu noteras des signes brefs sur un petit carnet que tu dois, sans cesse, porter sur toi et qu’il soit de papier teinté afin que tu ne puisses pas effacer, mais que tu puisses faire du neuf avec du vieux, car ces choses ne peuvent pas être effacées, elles doivent au contraire être préservées avec grand soin, car les formes sont en nombre si infini que la mémoire n’est pas capable de toutes les retenir…”
LEONARD DE VINCI
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Michel Berberian est né à Alexandrie en Égypte, en 1949. Outre son parcours de photographe (voir : la rubrique "photo"), Il a travaillé comme affichiste pour le théatre, puis pour le cinéma, pour les plus grands : Jean-Luc Godard, Carlos Sauras, Bertrand Tavernier, Éric Rohmer, James Ivory, etc., avant d’exercer la fonction de directeur de création en agence de publicité. Il fut, en peinture, l'élève du peintre Gen Paul, qu'il cotoya jusqu'à la mort de ce dernier grand peintre de Montmarte, en 1974. Michel Berberian développe une œuvre construite autour d'une réflexion qu'il nomme "la théorie des intervalles".
Les intervalles, ces instants laissés pour compte
Les intervalles sont les instants “laissés pour compte” de notre vie, de notre pensé, par opposition aux moments, réflexions, actes, “pris en compte” ou retenus pour êtres exprimés ou exploités socialement. Ces instant oublés entre deux moments retenus, sont pour moi les intervalles, inépuisables sources de richesses et de réflexions.
Retrouver les instants laissés pour compte est un exercice auquel chacun peut s’essayer. C’est tout l’enjeu de la théorie des intervalles.
S’agit-il d’un jeu d’esprit où se mêle un univers parallèle ou bien encore s’agit-il d’un univers intermédiaire, n’en déplaise aux astrophysiciens ?
Peut-on connaître ce qui se déroule dans notre tête en temps réel ? Et le saurait-on, pourrions-nous retrouver ces instants laissés pour compte et les exprimer chacun à sa manière, mais plus sûrement en peinture, en sculpture, en musique, en art ?
En art, le repentir est souvent lié à l’idée de ratage et c’est bien dommage. Pour ma part je préfère l’associer à la notion d’intervalle, autrement dit à un instant laissé pour compte et dont l’artiste souhaite exprimer qu’il a existé sans le renier absolument et qu’à ce titre il mérite que l’amateur s’y attarde quelques instants. Il est partie intégrante de l'œuvre. Le crayonné, l’esquisse qui apparaît encore sous la couche de peinture peuvent également être perçus comme autant de marques d'intervalles pas totalement occultés, voire volontairement émergeants. Ne dit-on pas souvent que l’esquisse est meilleure que l’œuvre finale dont la réalisation est plus rigide parce que la spontanéité a disparu ?
La recherche de cette spontanéité “envolée” est celle de la recherche des intervalles.
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